Toujours est-il que son fils, Sennachérib, se ?réinstalle? à Ninive, ville qu’il n’avait d’ailleurs pas encore eu le temps de quitter.38 La ville symbolise l’é tat, d’autant plus si elle est la capitale?: quand Babylone est victorieuse, c’est toute la Babylonie qui triomphe. Les monuments y sont élevés à la gloire du roi; cela est vrai de toutes les villes, mais encore plus pour celles qui ont fait l’objet de fondation, comme D?r-Sharru-k?n. Les proportions colossales en témoignent. Fonder une ville est un acte qui relève du politique, la refondation également. Dans une civilisation où la construction est effectuée en briques crues altérables et non en pierre, c’est par l’écrit que le nom du roi survit. Chaque construction fait l’objet de multiples inscriptions montrant que le plan d’ensemble est soigneusement con?u. sac vanessa bruno rouge pas cher
L’élévation et l’agencement de chaque monument, les uns par rapport aux autres, reflètent l’intensité de la puissance du roi et l’étendue géographique de celle-ci?: d’où la présence des jardins exotiques, l’iconographie montrant les différents peuples conquis... C’est aussi le monde à venir dont il est question, d’où les malédictions qui terminent les textes des plaques de fondation au cas où l’entretien ou la remise en état des constructions ne seraient pas assurés. La refondation n’est alors pas seulement la réplique de ce qui a été fait mais en est l’équivalent. Elle matérialise une transmission des pouvoirs émanant des prédécesseurs auxquels s’ajoute le propre prestige du roi fondateur. Fonder ou refonder une ville est ainsi un acte qui satisfait et qui rassure, un moyen pour le fondateur de faire corps avec une identité générique, tout en gardant une différence identitaire propre. survetement ralph laurenToutes les fondations ont leur importance, quelle que soit la durée de vie de ces villes. Plus rapidement sont-elles délaissées, plus elles offrent à l’historien une vision globale de l’idéal urbanistique de leur époque. Et paradoxalement, c’est souvent grace à leur abandon que le nom de leur fondateur a survécu jusqu’à nous.""Le lourd héritage de l’expédition d’égypte a longtemps poussé les spécialistes de l’histoire pharaonique à s’intéresser presque exclusivement aux constructions monumentales – complexes funéraires et édifices religieux abondamment épigraphiés – dont le pays est richement doté. La fouille des habitats, qui présentent la plupart du temps des vestiges bien moins spectaculaires, est de ce fait restée au second plan; il faut ajouter à cela que l’étude des villes est souvent rendue délicate par leur localisation dans des basses terres, longtemps soumises au régime de l’inondation. Ce n’est que récemment que plusieurs grandes cités – comme Memphis, ou Per-Ramsès dans le Delta – ont commencé à faire l’objet d’une exploration systématique, qui met bien en valeur l’importance du fait urbain en égypte ancienne. Ces recherches, toujours en cours, mettent tout particulièrement l’accent sur la relation privilégiée entretenue par les centres administratifs les plus importants et le pouvoir royal. burberrys pas cher
De nombreuses capitales semblent ainsi avoir connu un sort qui les liait étroitement à la personnalité de leurs fondateurs, leur déchéance intervenant parfois rapidement après la disparition de ceux-ci. La création d’une ville peut ainsi appara?tre comme le reflet de la politique qui l’a suscitée, qu’il s’agisse d’une réponse à une question d’ordre administratif, économique ou militaire, ou encore d’un enjeu portant sur la définition même du pouvoir royal. La fondation des villes et la mise en valeur du pays2 Le récit d’Hérodote, lorsqu’il évoque la personnalité de Menès, premier pharaon à avoir selon la tradition réuni la Haute et la Basse-égypte, établit déjà un lien implicite entre l’établissement du pouvoir de ce roi et la fondation de la ville de Memphis – qui demeura la capitale administrative du pays pendant la quasi totalité de l’histoire pharaonique?:3 ?à ce que m’ont raconté les prêtres, Min, premier roi de l’égypte, mit à l’abri d’une digue l’emplacement de Memphis; car le fleuve coulait alors tout entier le long de la cha?ne sablonneuse, du c?té de la Libye; Min, en amont, à 100 stades environ de Memphis vers le sud l’obligea par des levées de terre à faire un coude, mit à sec l’ancien lit, et dériva le fleuve de fa?on qu’il coulat par le milieu de la plaine. Aujourd’hui encore, les Perses exercent sur ce coude, pour que le cours du Nil soit écarté, une grande surveillance et ils le renforcent tous les ans; car si, à cet endroit, le fleuve venait à rompre la digue et à déborder, Memphis entière risquerait d’être submergée. Après, continuent les prêtres, que ce Min, qui fut le premier roi, eut asséché l’espace d’où le Nil était écarté, il y fonda la ville qui maintenant est appelée Memphis. Memphis est en effet déjà dans la partie étroite de l’égypte, et en dehors de cette ville, il fit creuser un lac, alimenté par le fleuve, qui l’entoure au nord et à l’ouest (du c?té du Levant le Nil lui-même la limite); puis, dans la ville, il construisit le sanctuaire d’Hépha?stos, qui est vaste et très digne qu’on en parle?[1] [1] H233;rodote, Histoires, II, 99 (traduction Ph. -E.